DECLARATION PREALABLE CGT AU CE DU 27 JUIN 2019

En imposant une lettre de cadrage aux gestionnaires de la future convention du Régime d’Assurance Chômage et en transférant les cotisations sociales UNEDIC vers la CSG, le gouvernement entendait déjà imposer ses 4 milliards d’économie à l’UNEDIC en s’attaquant aux droits des chômeurs. La démission du Directeur Général de l’UNEDIC, la veille des annonces gouvernementales, illustre cette mise au pas et la pratique autoritaire du pouvoir.

 

Les annonces du gouvernement vont encore réduire drastiquement le nombre de travailleurs privés d’emploi indemnisés et le montant de leur indemnisation alors que, déjà aujourd’hui, moins de 50% d’entre eux perçoivent une allocation.

Pour la CGT, le durcissement des conditions d’ouverture et de rechargement des droits et la modification des règles de calcul par la suppression du Salaire Journalier de Référence au profit du Revenu Mensuel Moyen, sont une véritable « double peine » pour les salariés précaires.

Le gouvernement stigmatise une fois de plus les privés d’emplois.  Il indique p.4 du dossier de presse du 18 juin : « Avec les règles actuelles, une personne peut gagner de 100% à plus de 200% de son salaire moyen quand elle est au chômage ». Cet argument démagogique, utilisé pour valoriser sa politique, joue la division entre travailleurs et travailleurs privés d’emploi pour justifier son attaque de la protection sociale.

 

Pour la CGT, la mise en place d’une augmentation du taux de cotisation (dans 7 secteurs d’activité) ou d’une taxe forfaitaire de 10 €, pour les entreprises qui abusent de CDD ne sont pas des mesures qui permettront de lutter contre la précarité, d’autant plus que cette mesure est repoussée à 2021.

Il sera bien sûr nécessaire d’attendre les décrets d’application pour apprécier techniquement les conditions de mise en œuvre. Néanmoins, ces évolutions réglementaires régressives se traduiront immanquablement par une précarisation accrue des travailleurs privés d’emploi, jugés responsables par le gouvernement de leur situation. Elles vont immanquablement accroître les tensions dans les agences.

 

Il est clair que les mobilisations, actions et grèves que nous avons menées depuis plusieurs mois ont permis de stopper l’hémorragie des postes prévue jusqu’à la fin du quinquennat.

Néanmoins, l’annonce de l’embauche de 1000 conseillers supplémentaires pour 3 ans (donc des collègues en CDD) n’est pas à la hauteur de nos besoins et ne compense pas les suppressions de postes de ces 3 dernières années. De même, l’annonce de la sous-traitance du suivi des « permittents » n’est pas un signal rassurant quant à la pérennité de l’institution Pôle emploi.

 

Ne nous leurrons pas : le durcissement des conditions d’accès à l’indemnisation et le discours gouvernemental visant à rendre responsables du chômage les chômeurs eux-mêmes, jugés calculateurs et profiteurs d’un système trop « généreux », ne peuvent avoir que des répercussions négatives sur nos missions, nos métiers et donc nos conditions de travail, et n’augurent rien de bon pour la convention tripartite, attendue pour cet automne. 

 

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