PLAN DE RELANCE DES DIVIDENDES

Le gouvernement a dégainé son plan de relance. Critiqué par la CGT et bien d’autres, il consiste à faire un véritable chèque en blanc aux entreprises qui vont recevoir des milliards sans aucune condition ni contrepartie.

AURAIENT-ELLES DES DROITS SANS DEVOIR ?

160.000 créations d’emplois, c’est ce qu’espère Jean CASTEX pour 2021, à travers son plan de relance à 100 milliards d’euros. Et que pourrait-il faire de plus que l’espérer, sans fixer de condition ni contrepartie aux entreprises bénéficiaires ?

Dans le même temps, on estime à 800.000 le nombre d’emplois qui seront détruits. Intérimaires, contractuels, salariés à durée déterminée ou indéterminée, sont bien évidemment les grands perdants, comme nous commençons à le voir du côté de Bridgestone, Airbus, Safran, Renault… ainsi que chez tous leurs équipementiers et sous-traitants tels Latécoère, Inteva ou encore Valeo.

L’asociale frénésie des grandes entreprises à sauver leurs actionnaires par la suppression d’emplois et la captation de deniers publics, n’est pas sans impact sur les petits commerçants et artisans. Ces petits employeurs, déjà fragilisés par le confinement, se voient à leur tour contraints de remercier leurs salariés, voire de mettre la clé sous la porte. Et oui, quand le pouvoir d’achat des salariés baisse, les petites entreprises meurent, sans que cela n’émeuve le MEDEF ni le gouvernement.

Dans ce contexte, la CGT revendique un plan ambitieux de relance du pouvoir d’achat par des augmentations massives et générales des salaires, seul levier efficace pour relancer la consommation !

Car ce ne sont pas les « primes Covid » distribuées de manières inique de-ci, de-là, qui nous permettront de sauver les économies locales, ni d’oublier que ce sont « ceux qui ne sont rien », qui au mois de mars dernier, faisaient fonctionner le pays.

L’exemple le plus parlant est celui des hospitaliers, applaudis tous les soirs à 20h,  et dont les revendications sont aujourd’hui aux oubliettes. A leur investissement personnel et professionnel on  a répondu par des promesses n’engageant que ceux qui voulaient bien y croire. Car l’hôpital public continue de souffrir, les coupes budgétaires restent plus que jamais d’actualité, comme l’a confirmé le Ségur de la santé : promesse télévisée d’une augmentation de 300 euros non tenue, accords locaux pour les horaires (fin des 35H ?), pas de réouverture de lits ni d’embauches…Quoi de neuf docteur ?

Illustration par Allan BARTE
Allan BARTE – 06/10/2020 – droits réservés – FacebookSoutenir Allan BARTE

En est-il vraiment différemment à Pôle emploi ? Nous concernant, pour affronter une crise qui risque de durer plusieurs années (l’aéronautique espère des jours meilleurs vers 2024-2025), on nous propose 2.800 personnes en renfort. En cdd, bien sûr ! Et puis d’un an, on ne sait jamais. C’est que, sur un malentendu, ça peut marcher… Après tout, dans 12 mois, ce sont les algorithmes et internet qui vont subir la pression des demandeurs d’emploi de plus en plus nombreux, et surtout de plus en plus précaires. N’est-ce pas ?

Non, définitivement le compte n’y est pas, donner des milliards sans exiger d’embauches, sans augmenter les salaires, c’est oublier tous les efforts déjà consentis par les salariés, par nous tous. Cela revient à nous en demander encore de nouveaux….

Soyons certain que l’année 2021 sera marquée par des distributions record de dividendes dont la courbe ascendante sera calquée sur celle des licenciements et suppressions de postes, et par extension, celle du chômage.

Aussi devons-nous dès à présent préparer la riposte !

Nous avons des intérêts à défendre. Licencier, dans cette période de crise, est d’une insoutenable indécence ! La moindre des choses est de forcer les multinationales à employer leurs profits pour préserver tous les emplois ! Pour travailler tous, il faut répartir le travail !

Et que l’argent public, lui, serve-t-à embaucher dans les hôpitaux, les EHPAD et les services publics !

 

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