CDD, No More…

 

Lors du comité d’établissement du 30 novembre la direction a confirmé la suppression de la rallonge budgétaire dédiée au recrutement des CDD pour l’exercice 2017.

Chaque année en plus de l’enveloppe annuelle, ce dispositif permet de combler les remplacements ou les besoins que l’enveloppe ne permet pas de résorber.

C’est une conséquence directe de l’entrée de Pôle emploi dans le champ des politiques d’austérité. Jusqu’à présent Pôle Emploi avait été épargné, désormais il ne bénéficie plus de l’exception que lui avaient accordée les gouvernements précédents. L’établissement a déjà beaucoup rationalisé ses coûts de fonctionnement et ses coûts immobiliers ; quant à la sous- traitance, hors de question d’y toucher, c’est donc sur la masse salariale qu’il faut désormais rogner. On est dans le mouvement impulsé par le Ministère du travail des réductions de poste à Pôle Emploi.

C’est pour cela que chacun d’entre nous, dans les sites, voit certains collègues en CDD fauchés par des décisions de dernières minutes.

Comme dans toute opération de compression de personnel, on commence par les précaires, qui remplissent ainsi pour l’établissement le rôle de variable d’ajustement.
Nous craignons que la suppression de cette rallonge soit définitive et ne vaille pas que pour 2017.

Pourtant avec les effets de la loi travail, notre activité va s’intensifier du fait de l’explosion de la précarité.

Cette mesure risque de déstabiliser fortement les organisations de travail et la délivrance de services dans beaucoup de sites.

La qualité de vie au travail sera visiblement impactée par des situations de surcharge d’activité.
D’autre part un certain nombre de demandeurs d’emploi risquent de ne pas avoir de réponse aux besoins exprimés du fait de l’absence de leur référent.

La situation de travail étant déjà tendue, les planifications en réception sur flux s’amenuisant petit à petit, le débord va se répercuter de plein fouet sur les collectifs qui ont déjà du mal à suivre des portefeuilles trop importants.

Cette décision intervient au moment où le gouvernement vient de mettre un arrêt brutal au renouvellement des CUI CAE. L’activité qu’assuraient ces collègues sera inévitablement répercutée sur les conseillers, diminuant d’autant le temps consacré directement aux publics et à leurs portefeuilles. Le recours aux jeunes en service civique pour pallier ce manque d’effectif ne peut être la solution.

Il faut aussi, dans ce moment précis, que les collègues assurant la mission d’indemnisation maîtrisent la NCAC, l’intégration d’une nouvelle réglementation s’accompagnant toujours d’imprévus, d’erreurs, de temps de compréhension et d’apprentissage, même si nous savons que la réactivité des collègues et leurs capacités d’adaptation sont un atout dans ces moments-là. D’autant plus que la répartition des agents indemnisation sur les sites fait que dans certaines agences, la moindre absence non remplacée déstabilise très vite le service et les traitements des dossiers.

La tension de travail et le stress s’intensifient d’autant plus que la montée en charge des différentes alertes, mail.net, attentes… progressent de façon continue.

Il a été précisé également lors de la séance du dernier comité d’établissement que les besoins de CDD prévus et connus par les ELD seraient renouvelés, mais que, par contre, les situations nouvelles et imprévues ne pourraient l’être. Ce critère est un paravent parce qu’au bout du bout, il y a bien la contrainte budgétaire.

Les éventuels non renouvellements seraient donc dus à des ELD imprévoyantes. Même si des discussions sont évidentes entre management local et structures, ce sont bien les finances qui décident.

Version imprimable

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *